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Patrick Cockpit travaille sur la représentation photographique de l’attente, du silence et de l’invisible. 

Adepte des images droites et carrées, il cultive sa schizophrénie en montant différents projets 

sur le totalitarisme et sa mise en spectacle, ou plus prosaïquement sur le portrait féministe, punk

et décalé. Il travaille essentiellement comme portraitiste pour l’institutionnel, la presse, Pôle Emploi 

et différentes maisons d’édition. Les 29 images présentées ici n’existent existent pas. Tout est vrai faux.

La photographie est mensonge et vérité. Au dix-neuvième siècle, quand la technique du collodion fait son apparition, elle sert d’abord de compte-rendu. On parlerait aujourd’hui de photojournalisme.

Les boulets de canon saisis par Roger Fenton en Crimée en sont l’illustration la plus flagrante.

Les choses se compliquent quand les premiers portraits font leur apparition. Très vite, la notion

de décor prend son importance. Mais que faire des images vierges, sans autre indication historique

que les vêtements, les coiffures, les attitudes des personnes représentées ? Comment identifier l’époque, l’année, la vérité historique de ce que l’on regarde ? C’est le sujet de Figures oubliées

de la résistance féministe à l’orée du vingtième siècle. Entretenir le doute, forcer les lecteurs

à s’interroger sur la véracité de ce qu’on lui présente. À l’ère d’Internet et de Photoshop,

quand littéralement tout est douteux, où est la vérité ? Comment la distinguer ? Où se situe

la frontière entre fiction et réel ?

Patrick Cockpit